samedi, 30 mai 2009
Madeleine DELBREL
"Nous n'annonçons pas la Bonne Nouvelle, parce que l'Évangile n'est plus une nouvelle pour nous : nous y sommes habitués, c'est une vieille nouvelle.
Le Dieu vivant n'est pas un bonheur prodigieux et bouleversant ;
il est un dû, toile de fond de notre vie.
Le bonheur, ce sont des surplus variables en marge de lui qui est permanent.
Nous ne nous rendons pas compte de ce que serait l’absence de Dieu pour nous ;
donc, nous ne nous rendons pas compte de ce qu’elle est pour les autres.
Nous discutons d'une idée, quand nous parlons de lui;
nous ne témoignons pas d'un amour reçu et donné.
Nous ne pouvons pas annoncer aux incroyants la foi comme une libération de l'absurdité d'un monde sans Dieu, car cette absurdité, nous ne la percevons pas.
Nous défendons Dieu comme notre propriété, nous ne l'annonçons pas comme la vie de toute vie, le prochain immédiat de tout ce qui vit.
Nous ne sommes pas les informateurs de la nouveauté éternelle de Dieu, mais des polémistes défendant une vision de la vie à faire durer.
Aussi, serait-il inutile d'être assez proches pour être entendus, de parler la langue de nos semblables, de leur être présents et existants si, toutes ces conditions étant remplies, nous n'avions pas retrouvé nous-mêmes le message total que nous avons reçu et que nous avons à transmettre."
("Nous autres, gens de rue", Seuil coll. Livre de Vie pages 256-257)
22:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : spiritualité




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