samedi, 30 mai 2009

Madeleine DELBREL

"Nous n'annonçons pas la Bonne Nouvelle, parce que l'Évangile n'est plus une nouvelle pour nous : nous y sommes habitués, c'est une vieille nouvelle.

Le Dieu vivant n'est pas un bonheur prodigieux et bouleversant ;

il est un dû, toile de fond de notre vie.

Le bonheur, ce sont des surplus variables en marge de lui qui est permanent.

Nous ne nous rendons pas compte de ce que serait l’absence de Dieu pour nous ;

donc, nous ne nous rendons pas compte de ce qu’elle est pour les autres.

Nous discutons d'une idée, quand nous parlons de lui;

nous ne témoignons pas d'un amour reçu et donné.

Nous ne pouvons pas annoncer aux incroyants la foi comme une libération de l'absurdité d'un monde sans Dieu, car cette absurdité, nous ne la percevons pas.

Nous défendons Dieu comme notre propriété, nous ne l'annonçons pas comme la vie de toute vie, le prochain immédiat de tout ce qui vit.

Nous ne sommes pas les informateurs de la nouveauté éternelle de Dieu, mais des polémistes défendant une vision de la vie à faire durer.

Aussi, serait-il inutile d'être assez proches pour être entendus, de parler la langue de nos semblables, de leur être présents et existants si, toutes ces conditions étant remplies, nous n'avions pas retrouvé nous-mêmes le message total que nous avons reçu et que nous avons à transmettre."

("Nous autres, gens de rue", Seuil coll. Livre de Vie pages 256-257)

samedi, 18 avril 2009

Le Christ sur la chaise électrique

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« Je cherche ton visage, Seigneur !
Ne me cache pas ton visage ! » (Psaume 26)


Elle a été assassinée dans les chambres à gaz : c’est le Christ.
Il porte des guenilles : c’est le Christ.
Elle est en prison : c’est le Christ.
Il est immigré : c’est le Christ.
« Je cherche ton visage, Seigneur !
Ne me cache pas ton visage ! »


Elle agonise sur son lit de souffrance : c’est le Christ.
Il est sale, il sent mauvais, il mendie : c’est le Christ.
Elle se drogue : c’est le Christ.
Il est battu à mort : c’est le Christ.
« Je cherche ton visage, Seigneur !
Ne me cache pas ton visage ! »


Elle a faim, il a soif : c’est le Christ.
Il est condamné à mort : c’est le Christ.
Elle se prostitue : c’est le Christ.
Il a été torturé : c’est le Christ.
« Je cherche ton visage, Seigneur !
Ne me cache pas ton visage ! »


Il est homo : c’est le Christ.
Elle est séropositive : c’est le Christ.
Il hurle la colère de ses « pourquoi » : c’est le Christ.
Elle a tenté de se suicider : c’est le Christ.
« Je cherche ton visage, Seigneur !
Ne me cache pas ton visage ! »


Seigneur, comment te reconnaître sous le visage défiguré de chacune de ces personnes malmenées, méprisées, cassées ?
Tu as donné ta vie pour elles.
Avec toi, le crucifié, l’Amour est écartelé.
Mais nous ne voyons plus tes membres transpercés sur deux bouts de bois, aveuglés que nous sommes par l’habitude.
Sur une croix ou sur une chaise électrique, tu portes sur tes épaules tout le malheur du monde. Ton chemin est celui de tout homme.
Chemin de croix, chemin de mort, il peut devenir chemin de vie.
Mettre ses pas dans tes pas sur ton chemin de souffrance,
c’est se laisser entraîner vers la lumière de la Résurrection où l’Amour crucifié devient l’Amour transfiguré.

dimanche, 08 mars 2009

Simone WEIL ( 1909-1943 )

" Si on se détourne du Christ
pour aller vers la vérité,

on ne fera pas un long chemin
sans tomber dans ses bras. "

jeudi, 04 octobre 2007

Vis le jour d'aujourd'hui

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Vis le jour d'aujourd'hui : Dieu te le donne ! Il est à toi : vis-le en Lui !

Le jour de demain est à Dieu. Il ne t'appartient pas.

Ne reporte pas sur demain le souci d'aujourd'hui.

Demain est à Dieu : remets-le Lui ! Le moment présent est une frêle passerelle :

Si tu le charges des regrets d'hier, de l'inquiétude de demain, la passerelle cède, et tu perds pied !

Le passé, Dieu le pardonne. L'avenir, Dieu le donne.

Vis le jour d'aujourd'hui en communion avec Lui. Regarde-le dans la lumière du Christ ressuscité.

SAINT BERNARD DE CLAIRVAUX (1090-1153)